The Game

Ne vous fiez pas aux apparences, malgré un design pouvant rebuter, c’est un jeu qui demande réflexion et coopération !

Jeu de cartes tout simple dont le but est de mettre toutes les cartes de 2 à 99 sur quatre piles (deux, dans l’ordre croissant à partir de 1 et deux, dans l’ordre décroissant à partir de 100). Les règles sont assez simples : aucun des joueurs ne doit donner de précisions sur ses cartes ; comme le nombre exact ou de faire deviner par un calcul (sur une pile où il y a un 20 par exemple, le joueur ne peut pas dire « j’ai une carte avec +10 », c’est trop d’indications données). La seule manière de pouvoir remonter sur une pile décroissante et de pouvoir descendre sur une pile croissante est d’aller de 10 en 10 (si j’ai un 70 sur une des piles décroissante, je peux mettre un 80. Si j’ai un 54 sur une pile croissante, je peux mettre un 44 ect).

 

Pourquoi choisir de jouer avec ce jeu en thérapie ?

 

C’est un jeu en coopération, on joue contre le jeu, sans de limite de temps contrairement à Magic Maze (traité dans un autre article). La plupart des jeu coopératifs sont assez difficiles, pas toujours complexes mais souvent difficiles. Cela met souvent en difficulté sa tolérance à la frustration ! Aussi bien pour la personne que nous recevons, que nous thérapeute.

Et justement, cela fait partie des points à analyser en tant que psychologue, comment la personne en face de nous, gère cette frustration de perdre face au jeu ? Est-ce qu’elle fait corps avec l’autre/les autres joueurs dans la défaite ? Ou au contraire, renvoie-t-elle la faute sur l’autre ? Est-ce que la personne veut bien retenter une partie ? Ou au contraire, est-ce-que cela génère une certaine colère ?

The Game est également très parlant en matière de communication : comment peut-on communiquer sans trop en dévoiler mais en étant compris ? Est-ce si aisé que cela que de communiquer sur ses cartes ? De communiquer tout court ? Comment le lien se met-il en place ? Est-ce-que le plaisir de jouer est toujours présent ?

 

Également, cela permet de mettre à l’épreuve les capacités cognitive. J’évoque une nouvelle fois, les fonctions exécutives comme l’inhibition et la planification ainsi que la flexibilité cognitive. L’inhibition car les joueurs ne doivent pas donner trop d’informations sur les cartes qu’ils ont entre les mains ou qu’ils piochent. La planification car il faut tout de même penser une stratégie mais qui doit être modulée avec la flexibilité cognitive. En effet, les autres joueurs… Jouent et donc, sans le vouloir, peuvent mettre à mal nos stratégies ou au contraire… Ouvrir de nouvelles perspectives.

 

C’est un support que j’apprécie utiliser dans la création et le renouveau de l’alliance thérapeutique. Certaines personnes sont à cours de discours et, le jeu de société n’est pas encore très usité au sein des cabinets ou des institutions (même si de plus en plus !), ce nouveau média peut déjà intriguer en lui-même.

J’ai pu constater que cela relançait la machine ou pouvait permettre de dire en fin de séance « ah si en fait il y avait quelque chose qui me tracassait en fin de compte… ». La personne qui ne sait pas trop de quoi parler en entretien, fait autre chose (qui stimule quand même) puis finit par revenir sur un point qu’elle avait pu laisser de côté.

 

C’est la magie du jeu de société.

 

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